Genèse 1 - notre Dieu, notre identité, notre but

Dimanche 9 janvier 2011 Trevor Harris, Église de La Garenne-Colombes

Introduction
Je pense que ce n'est pas exagéré de dire que tout le monde s'intéresse à la question de nos origines, là d'où nous venons et notre destination, là où nous allons. Toute découverte qui concerne le big bang ou l'origine de la vie sur la terre attire l'attention des médias.

Au cinéma, nous sommes obnubilés par l'idée d'une catastrophe qui va mettre fin à notre civilisation et à la planète tout entière. L'homme, à juste titre d'ailleurs est très curieux. Le début et la fin sont importants parce qu'ils définissent qui nous sommes, pourquoi nous sommes là, et donc le sens de notre vie. Chaque civilisation depuis l'aube du temps s'est intéressée à cette question des origines. Les mythes égyptiens, babyloniens, celtes abondent et ils sont souvent assez bizarres.

Notre propre société, qui a longtemps accepté la Genèse comme l'explication normative de nos origines, cherche aujourd'hui du côté de la science des explications variées. Mais la science, tout du moins la science qui reste fidèle à elle-même, se borne à observer les données de la nature et à ce titre elle ne peut fournir que certaines explications, car tout ce qui concerne la métaphysique, c'est-à-dire ce qui va au-delà du monde matériel observable, le spirituel par exemple, la dépasse.

Sur le plan philosophique, l'athéisme matériel dont l'article de foi est la négation de la possibilité même d'une explication métaphysique des origines imprègne toute la pensée de notre société française et occidentale. Il exclue la possibilité même d'un Dieu créateur.

Je ne suis ni un scientifique ni un philosophe, mais je vais essayer ce matin à nous aider à voir comment la vision biblique du monde, la vision qui se dégage de la Bible, heurte et corrige des visions concurrentes.

Bien comprendre le livre de la Genèse est une nécessité pour le chrétien qui veut voir juste, qui veut comprendre ses points de tension et qui veut aligner sa pensée sur celle de la Bible, sur celle de Dieu pour enfin vivre d'une manière cohérente et surtout d'une manière qui honore et qui glorifie son Créateur.

Revenons à notre texte de ce matin. Genèse, chapitre 1.

La rédaction essentielle des cinq premiers livres de la Bible est attribuée à Moïse.
C'est Jésus qui nous le confirme dans le Nouveau Testament.

Moïse a rédigé ce récit de la création pour le peuple juif qui venait de sortir du pays d'Égypte il y a 13 siècles avant Jésus-Christ. Il y a plus de 3000 ans. Le livre de l'Exode nous dit que ce peuple était un ramassis de gens d'arrières-plans divers. Il n'y avait pas que des Israélites et dans ces cinq premiers livres de la Bible, auxquels on a donné le nom pentateuque, Moïse retrace l'histoire du peuple de Dieu de la création jusqu'à son entrée dans la terre promise. C'est un récit qui parcourt des milliers d'années.

Il va de soi que Moïse n'était pas présent au début de la création, personne n'y était.

Comment Moïse a-t-il décerné ces vérités ? 
Je ne sais pas. Une vision, un mot direct de révélation, la réflexion ? Le texte ne nous le dit pas.

À quel point est-ce que Moïse utilise du symbolisme et de la poésie dans ces premiers versets ? 
Il semble bien y avoir du symbolisme et de la poésie, mais ce n'est pas toujours simple de faire la part de ce qui est poétique et symbolique et ce qui est à comprendre de manière littérale et de façon chronologiquement historique. C'est le texte lui-même qui nous donne des indices et nous devons nous laisser guider par lui plutôt que par la science ou par une lecture chrétienne préétablie.1 

De toute évidence Moïse n'a pas écrit un livre de science moderne. Dieu ne juge jamais utile de révéler de manière directe ce genre de choses aux hommes. Jésus aurait pu expliquer les rudiments de l'électricité, de la science nucléaire ou de la médecine moderne à ses disciples, mais il n'a pas jugé utile de faire ça.

Les chrétiens ont des avis différents quant à comment ce récit cadre avec la science moderne et comment nous devons interpréter le style du texte. Je ne vais pas imposer ma manière de voir les choses qui de toute façonne n'est pas mûrement réfléchie pour l'instant, je veux plutôt qu'on voie le message essentiel de ce texte.

Moïse voulait instruire le peuple pour que le peuple puisse avoir une vision juste du monde et une vision juste de qui est Dieu, qui est l'homme et comment l'homme doit adorer son Créateur. Jésus, dans le Nouveau Testament, a confirmé la nature inspirée de ces textes, selon Jésus ces textes sont la Parole même de Dieu, le Dieu qui ne ment jamais.

Voilà notre feuille de route pour ce matin. J'aimerais que nous comprenions davantage en étudiant ce texte très ancien :

  • Qui est notre Dieu ?
  • Quelle est notre identité en tant qu'êtres humains créés ?
  • Et quel est notre espoir, notre but ou finalité en quelque sorte

1. Qui est notre Dieu ?

Qui est notre Dieu?

Verset 1, le premier verset de toute la Bible.

« Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. »

De quand date la création ?
  … du commencement. La Bible n'en dit pas plus.

Dans le livre de la Deutéronome Dieu dit : …
« Les choses cachées appartiennent à l'Éternel, notre Dieu [...] » (Deut 29,28)

« Au commencement » Ces mots annoncent ou anticipent déjà la fin. S'il y a un commencement, il y a aussi une fin. On y reviendra lorsqu'on arrive au septième jour de la semaine créationelle.

« Au commencement Dieu »
Ce Dieu est éternel.  Il est là même avant le début du temps.

C'est Dieu qui est le sujet et le héros de ce récit et non seulement de ce récit, mais de toute la Bible et de l'histoire tout entière. Il est le Dieu qui est là. La Bible ne donne pas de preuves à proprement parler pour son existence. L'univers contient plein d'indices qui plaident en faveur de l'existence de Dieu. Au travers des siècles les hommes ont réfléchi à la question de ces preuves, mais la Bible dit d'emblée, de manière simple, il est là.

Et la Bible nous invite à faire sa connaissance.

Peut-être que certains qui sont ici ce matin n'ont pas encore fait le pas de croire en Dieu et encore moins de se fier à Jésus-Christ. Ce texte, comme la Bible tout entière, vous invite à le découvrir, à découvrir petit à petit son identité, qui il est, ce qu'il a fait, comment il est.

La Bible ne s'intéresse pas trop aux questions ontologiques, comme de quoi l'essence éternelle de Dieu est faite, mais elle nous révèle plutôt son caractère, la personne de Dieu et elle le fait en nous invitant à écouter son histoire, l'histoire de son auto-révélation.

Ce petit premier verset est un en effet un grand verset riche en sens.
« Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. »

Il n'y a qu'un Dieu ; il n'y en a pas plusieurs.
Certes, même dans ce texte il y a des indices de la Trinité. Le verset 2 parle de l'Esprit de Dieu qui planait sur les eaux; cet Esprit qui donne la vie comment l'Évangile de Jean nous le montre. On va voir comment Dieu parle, ce qui nous fait penser à ce texte de Jean chapitre 1 que nous avons lu à Noël. La Parole s'est faite chair. Jésus-Christ est cette parole faite homme.

Mais il n'y a qu'un seul Dieu et cela veut dire que Dieu n'a pas de rivaux qui peuvent contester son règne. L'homme n'a pas à satisfaire les demandes contradictoires de dieux rivaux comme craignaient les Grecs de l'antiquité et comme les hindouistes craignent aujourd'hui. Il ne faut pas avoir une vision manichéenne du monde avec le bien et le mal étant de puissance égale. Dieu est au dessus de tout.

Parce que c'est lui qui a créé toutes choses. L'expression « le ciel et la terre » est une expression qui nous montre qu'il a tout créé, de « a à z ». Il n'y a rien qui existe, sauf Dieu lui-même, qui n'a pas été créé par Dieu.

Cela veut dire qu'il y a deux réalités dans notre univers.
… d'un côté tout ce qui a été créé par Dieu
  … et de l'autre côté, Dieu lui-même

Il y a une séparation fondamentale entre les deux.

À notre époque où le paganisme de l'ère préchrétienne refait surface et où nous sommes conscients des enjeux écologiques importants, les gens sont tentés de mêler ces deux réalités, de penser que Dieu et sa création ne sont qu'un. Les films comme Avatar transmettent ce genre d'idées. La planète elle-même serait notre dieu et la source de notre vie et dieu serait en nous.

Mais la Genèse nous montre que cela n'est pas le cas. Il y a une séparation fondamentale à faire.

Dieu est l'unique créateur de toutes choses.  La création n'est pas une émanation de lui-même, de sa personne, mais bien distincte.

Lorsque l'homme confond les deux, ils tombent dans ce que la Bible appelle l'idolâtrie. L'adoration de ce qui est créé par Dieu au lieu de l'adoration de Dieu lui-même.2

Tout ce qui existe lui doit son existence.
Tout dépend de lui.
C'est lui qui fixe les normes, les normes ou lois que la science observe.
C'est lui qui nous donne le souffle et la vie qu'on croie en lui ou pas.
Tout et tous trouvent son origine en lui.
Si la vie a un sens, c'est parce qu'il y a un seul Dieu qui a tout créé.

[Pause]

Versets 3 et 4 : …
« et Dieu dit “Qu'il y ait de la lumière!” et il y eut de la lumière. Dieu vit que la lumière était bonne et il sépara la lumière des ténèbres. » »

Ce Dieu unique créateur de toutes choses a créé par sa simple parole.
Par sa simple parole, il a appelé à l'existence toutes choses de rien.
Sa parole est souveraine.
Elle nous montre qu'il est le Roi incontesté de sa création.

Comment peut-on comprendre cette manière de créer ?

Jusqu'à très récemment si vous vouliez vous rendre à Strasbourg, il fallait prendre un train corail. Cela faisait des années que les Alsaciens attendaient une ligne de TGV pour monter au capital. Il y a quelques années Jaques Chirac a donné le feu vert, il a fait un décret présidentiel pour que cette ligne soit enfin construite et grâce à l'autorité de la parole vous pouvez rejoindre Strasbourg en moins de trois heures.3 

L’image est loin d'être adéquate, puisque Chirac ne sait pas comment faire une ligne de TGV lui-même, en revanche Dieu a dit le mot et il a tout créé lui-même. « Il est le décideur, le concepteur et le réalisateur à la fois. »4

Ensuite nous voyons que sa création n'est pas aléatoire ou chaotique.
Dieu crée de manière intentionnelle et de manière ordonnée.
La poésie du texte nous montre cette intentionnalité et cet ordre.

Il y a un schéma qui se répète …

Dieu dit qu'il y ait
  … et il en fut ainsi
  ... Dieu vit que c'était bon
  … il y eut un soir
  … et il y eut un matin

Dieu procède de manière ordonnée.
Notre monde n'est pas le fruit du hasard.
Nous ne sommes pas une collection d'atomes aléatoires.
Mais Dieu a façonné ce monde. Tout a été mis en place selon sa volonté.

Cette charte nous montre comment Dieu a procédé.

Lors de trois premiers jours il a créé la structure si vous voulez.
Le verbe qui revient tout le temps est le verbe « séparer »
Dieu a créé le cadre approprié pour la vie.
Ensuite lors des prochains 3 jours il a rempli les espaces, il y a mis des créatures. Chacun selon leur espèce.

Dieu ne laisse rien au hasard.
C'est intentionnel.
Tout part de sa parole, de sa sagesse, de son intelligence.

Les informaticiens parmi nous savent que les ordinateurs sont compliqués. La vie artificielle est compliquée et nécessite des heures et des heures d'expérimentations, de tests, d'analyses. Le moins qu'on puisse dire, c'est que rien n'est laissé au hasard, rien n'est laissé au stagiaire non plus. Ce n'est pas la non-intelligence qui créé l'intelligence, mais le créateur y met tout son savoir.

Lorsque les médecins contemplent le corps humain avec toute sa complexité, ils sont dans l'émerveillement. Avec le psalmiste nous pouvons dire « c'est toi qui as formé mes reins, qui m'as tissé dans le ventre de ma mère. Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. » (Ps 139,13-14)

Notre Dieu, le seul Dieu, est notre Créateur suprême et souverain.
Il est un Dieu d'ordre ...
… et nous voyons aussi qu'il est un Dieu qui est bon.

Pour chaque jour, sauf le premier, Dieu vit que sa création était bonne.
Dieu a créé toutes choses parfaitement. Il n'a rien bâclé.
Puisque Dieu est bon,, sa création est bonne.

Nous verrons au chapitre 3 que le monde que Dieu a créé a été touché de plein fouet par la révolte de l'homme, mais au début tout était bon, voire très bon parce que son créateur est bon. On voit comment Dieu aime sa création et comment il la bénit.

Cela veut dire que nous ne devons pas la mépriser non plus. Les Grecs de l'antiquité pensaient que la matière était mauvaise et l'esprit bon, et certains chrétiens ont été tentés de penser la même chose, que le spirituel est bon et le matériel, le terrestre ou le physique est mauvais ou méprisable. Il n'en est rien. Ce que Dieu a créé est bon et Dieu l'a béni.

Ce monde physique : les paysages, les animaux, la nourriture, nos corps physiques sont bons.  Ils doivent leur existence à notre Dieu créateur qui est souverain, qui est bon et qui se plaît à bénir sa création.

2. Quelle est notre identité ? 

On pourrait en dire plus, mais le temps passe. J'aimerais voir ce que Dieu dit à notre propos.
Quelle est notre identité en tant qu'êtres humains ?

Verset 26 : ..
Nous sommes au sixième jour : …

« Puis Dieu dit “Faisons l'homme à notre image, à notre ressemblance! Qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre.”

L'homme est d'abord une créature de Dieu.
C'est une évidence peut-être, mais pas pour chacun.
Qui dit créature dit Créateur.
Et cela veut dire que la créature est redevable envers son Créateur.
Nous lui devons notre existence et donc notre reconnaissance et adoration.
Notre Créateur a des droits sur nous. Nous lui appartenons.
Dieu n'est pas un vieil homme au ciel qui n'a rien à voir avec nous.
Dieu est notre souverain, qu'on le veuille ou non, qu'on croie en lui ou non.
Cela veut dure qu'il peut nous donner sa loi et légitimement exiger notre obéissance.Il a donc le droit de nous juger, de nous tenir pour responsables de nos actes.
Personne ne peut échapper à cette réalité.

Nous sommes créés le même jour que les animaux, il y a donc une certaine continuité entre le monde animalier et l'humanité, le livre de la Genèse ne remet pas cela en cause. Mais l'homme a bien a une position plus exaltée que celle des animaux. L'homme est véritablement la cime, le sommet de la création de Dieu. L'homme a été créé à l'image et à la ressemblance de Dieu, ces deux termes sont des synonymes.

Le psalmiste dit :
Qu'est-ce que l'homme pour que tu te souviennes de lui, et le fils de l'homme pour que tu prennes soin de lui ? Tu l'as fait de peu inférieur à Dieu et tu l'as couronné de gloire et d'honneur.” (Ps 8,5-6)

Qu'est-ce que cela veut dire d'être créé à l'image de Dieu ?
Cette question a fait couler beaucoup d'encre.

Ce n'est manifestement pas une question de ressemblance physique, Dieu est esprit nous dit l'apôtre Jean. Est-ce la capacité de parler, de connaître Dieu, de raisonner ? Peut-être, mais la réponse dans ce texte est plutôt à voir avec notre rôle et place dans ce monde.

Faisons l'homme à notre image, à notre ressemblance! [pour] Qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre.”

Dieu nous a placés dans son monde pour gouverner son monde, pour prendre soin de sa création, pour la travailler, pour la gérer pour la façonner. Cette tâche est d'une noblesse extraordinaire.

Si vous allez à la mairie, vous verrez une photo ou une image de Nicolas Sarkozy, le Président de la République. Cette photo représente son autorité, l'autorité de la république.

Dieu nous a placés dans son monde pour qu'on soit ses représentants.
Nous sommes ses préfets ou les vice-rois de la création.
Nous représentons son autorité.
Il veut que nous vivions pour lui ; que nous règnerions pour lui à sa place.

Et Dieu veut une planète remplie de vice-rois. C'est pour ça que le premier commandement qu'il donne aux êtres humains est de se multiplier. Ce n'est pas un commandement désagréable et il nous montre que la sexualité est à recevoir comme un bon don de la création. La sexualité exercée dans le cadre du mariage comme on va voir la semaine prochaine fait partie du bon ordre que Dieu a mis dans sa création.

Dieu nous a couronnés de gloire et d'honneur.
Nous avons une très grande valeur à ses yeux.

Si vous tuez un gendarme ou un agent de la république, vous devez face à toute la colère de la république. C'est un crime lourdement puni. Si vous touchez à un policier ou à un gendarme, vous touchez à l'autorité de la république. Il en va de même pour Dieu.  Les êtres humains sont faits à son image.  Ils ont donc une valeur inestimable, qu'ils soient jeunes ou vieux, déjà nés ou encore dans le sein maternel, africains ou asiatiques, hommes ou femmes, riches ou pauvres, éduqués, intelligents ou peu éduqués, peu intelligents.  Si vous touchez à un de ces vice-rois, vous touchez à son autorité.  C'est pour ça que le meurtre est grave et c'est la raison pour laquelle le racisme ainsi que le sexisme, sont odieux à ses yeux.  C'est pour ça que nous aimons Dieu en aimant notre prochain fait en image de Dieu.

Nous savons que suite à la révolte de l'homme, suite à sa désobéissance, l'image de Dieu en nous a été gravée touchée et abîmée. Nous ne gouvernons pas cette planète pour Dieu et selon les voies de Dieu. C'est triste à constater, mais la planète s'est remplie de petits dieux autonomes rebelles.  Mais la volonté de Dieu, le souverain de la création, ne sera pas contrecarrée. Dieu n'est pas un pantin qui voulait faire les choses bien, mais qui n'avait pas la puissance ou la volonté de faire valoir ses décrets.

Dieu aura une planète remplie de vice-rois qui gouvernent sa création pour lui selon ses voies.  C'est la suite de l'histoire de la Bible qui nous le montre.

Il y en a un qui est l'image parfaite du Dieu invisible (Col 1,15), il s'appelle l'homme Jésus-Christ. Il a toute l'approbation du Père (Mc 1,11) ; il est le vice-roi par excellence. Il est un homme comme il faut. Il est pleinement obéissant; il est plein d'amour, de bonté, de justice, de patience, de douceur, de bienveillance et de maîtrise de soi et ceux qui se fient à lui, qui ont placé leur confiance en lui, en son sacrifice, Dieu les a unis à lui. Ils font partie de sa famille. Dieu par son Esprit est en train de les changer pour qu'ils lui ressemblent de plus en plus.

En Jésus, Dieu aura une planète bleue peuplée d'hommes et de femmes qui l'aiment et qui aiment leur prochain comme eux-mêmes. En ressemblant de plus en plus à Jésus, nous sommes de plus en plus humains, de plus en plus conformes à l'image de Dieu.

À la création Dieu nous a donné le commandement de le représenter et de se multiplier. Ce commandement n'a pas changé, mais en Jésus nous voyons que l'accent change quelque peu.  Jésus, celui par qui Dieu a créé toutes choses (Jean 1 ; Col 1,15), nous a donné le commandement d'aller et de faire de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit et en leur enseignant à mettre en pratique tout ce qu'il les a prescrits (Mt 28,19).5

Dieu a tous donné le don du travail et le travail est bon, mais à l'église dans ces derniers jours avant le retour de Jésus, il nous a donné la tâche, dans la dépendance de lui et de l'Esprit, de remplir la planète avec des hommes et de femmes qui aiment Dieu.

Notre travail, quel qu'il soit, nous accorde beaucoup de valeur et de dignité, mais notre travail n'est pas la chose ultime.
Notre signification ne vient pas de notre travail seulement.

3. Quel est notre but ?

Nous allons terminer avec notre but.
 Nous allons terminer avec le 7e jour.

Chapitre 2, versets 2 à 3
Le septième jour, Dieu mit un terme à son travail de création. Il se reposa de toute son activité le septième jour. Dieu bénit le septième jour et en fit un jour saint, parce que ce jour-là il se reposa de toute son activité, de tout ce qu'il avait créé.”

Nous ressemblons à Dieu parce que nous travaillons, il nous a donné du travail. Mais notre signification, notre espoir, se trouve en lui, en Dieu lui-même.

Chez moi je suis en train de faire des travaux. En fait ça fait plus d'un an que je suis en train de travaux et sans doute je vous dirai la même chose l'année prochaine. Je suis un bricoleur qui ne termine jamais ce qu'il a commencé !

Mais Dieu a terminé ce qu'il a commencé.
Parce qu'il avait un but.
Sa création a un but, une finalité, un objectif.

Le septième jour ne finit pas comme les autres. Vous l'avez peut-être déjà remarqué, mais il n'y a pas de soir et de matin le septième jour, comme s'il continue à tout jamais jusqu'à dans l'éternité.

Henri Blocher explique ce 7e jour ainsi :
Il signale à l'homme qu'il n'accomplira pas son humanité dans la relation au monde qu'il transforme, mais quand il lèvera les yeux d'en haut dans le temps béni et saint de la communion avec le Créateur.”6

A titre d'exemple, Blocher en tire la conclusion que “le sabbat résume la différence entre la vision biblique et le marxisme … l'essence de l'homme n'est pas le travail.”7

Car le but de l'homme se trouve en Dieu.

Ce n'est pas quelque chose à acquérir par nos œuvres, nos efforts ou notre travail, ...
… mais quelque chose à recevoir comme un grâce de la main de Dieu.

L'homme a été créé pour connaître son créateur
… pour l'aimer
… pour l'honorer et le glorifier
… pour se réjouir en lui
… pour prendre plaisir en lui.

L'auteur de l'épître aux Hébreux fait le lien entre ce jour de repos, le septième jour, et le repos céleste. (Hb 4)

À la fin de la Bible, dans le livre de l'Apocalpyse (Ap 20-21), nous sommes présentés avec une vision de ce repos céleste. C'est décrit comme une nouvelle création où Dieu habite parmi les hommes, avec tous ceux qui ont mis leur confiance en Jésus, qui ont saisi le pardon qu'il nous offre.

La création a un but.
 Le but n'est pas l'homme...
 … mais Dieu.

Mais en glorifiant Dieu et en nous réjouissant en lui, nous sommes pleinement humains, nous accomplissons pleinement le don de notre existence.

Dans l'éternité, nous chanterons sa gloire.
Nous nous réjouirons pleinement en lui.

Je vais terminer avec ces paroles de l'Apocalypse 4, verset 11

Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire, l'honneur et la puissance, car tu as créé toutes choses et c'est par ta volonté qu'elles ont été créées et qu'elles existent.”
 
1  cf. Blocher, Henri, Révélation des Origines, Presses bibliques universitaires, Genève, 1988, p.XX (en particulier ses commentaires sur 2,4ss et le régime providentiel présupposant le passage du temps dans le 2e récit de la création)

2 Lydia Jaeger de l'Institut de Nogent dit la chose suivante dans son excellent livre « Vivre dans un monde créé » « … n'oublions pas que l'adoration idolâtre peut prendre des formes diverses […] il n'existe pas seulement des idoles de métal; celles du mental sont peut-être même plus dangereuses. » Elle parle ensuite de « toute activité, toute personne que nous investissons de notre désir le plus cher, ou encore de notre crainte la plus grande se révèle en cela même une idole. » Jaeger, Lydia, Vivre dans un monde créé, Farel, p.12

3  Cette illustration est tirée de Horizon Dieu, séance 1, (Trevor Harris & Matthieu Sanders)

4  Horizon Dieu, séance 1, (Trevor Harris & Matthieu Sanders)

5  Je dois ce lien textuel à Chris Green, vice président de Oak Hill Theological College, Londres.

6  Blocher, Henri, Révélation des Origines, Presses bibliques universitaires, Genève, 1988, p.49.